Fragments d'histoire

Publié le par LuNa

Les deux poupées d'ivoire

Je n'ai jamais habité l'Eden.
Je n'ai jamais chercher cet habitat salutaire.
Je n'ai jamais voulu cette femme vénale.

Dans ses silences, la lanterne dessine l'ombre gardienne de sa torpeur. Une graine d'espoir au fond du coeur. Son visage pose la marque d'une torture sans fin. Le poignard de l'ivresse comme seule échappée. La terre creuse son tombeau et sa peau se glace sous une stèle de marbre.

Equestrienne ( Chagall )Il est là, le corps posé sur le sien. Allongés sur une mince ligne de lumière. Sur le coté, un étrange cortège scrute les déchus comme un chef d'oeuvre inachevé. Il sème dans un éclair d'azur l'enfant dans sa corbeille de chair.

Les salives se mélangent au jardin des rêves. Dans des promesses floues, ils se quittent laissant les draps, témoins de leurs ébats. C'est dans un labyrinthe de sève qu'ils se trouveront désormais, laissant sur le tableau la marge d'une feuille immaculée d'histoire. Les vaisseaux de leurs prunelles transportent cette lumière d'étoile, empreinte d'un corps à corps.

Quand je retrace cette histoire dans l'ordre, de cette femme adultère en cet enfer mugissant. Reste la marque d'une étendue d'eau, un lac peut être, une légende. Le paisible galop d'une création bénigne. Je ne dirai pas comment ces deux aimants finirent leur vie. A quoi bon ? Laissons là, la sempiternelle chevauchée des passions incrustées.
Je n'ai jamais habité l'Eden.


La confession silencieuse


Mandragore L'impossible tient dans une main.L'impossible est un jardin dont les contours offensent le velours de ton reflet. Une musique rythme la rosée perlée d'un nénuphar. Les branches acceuillent le pendu au royaume des illusions perdues. La terre dégage un humus sous ses pieds. Une racine de mandragore sème le trouble et s'évapore en fumée. L'ambiance s'installe, paisible d'un matin sur un lac juché au coeur d'une corniche. Plus loin, un village, ou plutôt une ville fourmillante. Une proie idéale pour l'ombre des visages éteints. La splendeur de l'hiver arrime les naufrages parmi les arceaux d'abbaye. C'est au creux du relief que toute la dimension prend racine. De pays en pays, de visions en visions, les crimes les plus fous peuvent rouler sur la pente de leurs solitudes. La bête jamais loin, cette infamie chaste, transportant les géants de pierre. De ce lac profond aux humeurs d'un flou gaussien à la ville dont les clameurs remonte jusqu'à l'ouïe fine des oiseaux, le dragon déploie ses ailes et les damnés hurlent sur des tonalités stridentes.


La carcasse de l'ange

L'ange anatomique ( Gautier Agoty )Il hocha la tête, l'air perdu, avant d'ouvrir la bouche. Aucun bruit émis, rien qui puisse laisser entendre un soupçon de voix. Il était muet. L'inconnue le dévisageait. Elle avait cette apparence insolite et non avenue pour une malade. Beaucoup trop de fard sur ces joues pâles. La pluie du dehors crépitait sur la fenêtre, l'ambiance était délicieuse. Il semblait nager en plein rêve. Tout à coup, il sentit une muraille se construire entre eux. Rien n'était plus envisageable. Il devrait prendre une échelle immense pour franchir et palper l'indicible. Au loin, un corbeau sonnait fanfare comme un mauvais présage. Il attendait un phare dans cet océan de sens. L'oiseau d'ardoise ricanait au loin. Il revenait à la créature. Ce cadavre sur la table. Il devait l'ouvrir puis analyser ses viscères, ses plaies, une caresse sur son bras. Elle avait trépassé. Il imaginait son château de princesse, tachant de reconstituer les moindres détails. Il imaginait celui ci juché sur le flanc d'une falaise, avec une vue imprenable. Un château de reine à dire vrai, oui, elle devait être reine. Le génie des lieux veillait à son bien être. Tout était enchanté, suave et doux. Il devait s'assurer du prodige. Sa silhouette errante sur la grève crevée de plasma auriculaire. Une litanie de mendiant comme des phoques échoués. Il revient sur la cathédrale de ses vertèbres. La mémoire lui revint. Une présence dans un désert inachevé. Les arcanes solides et les ailes incrustées dans la chair. Le néant au bras du matin. En lui, le règne de la folie.


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J
OOOOOOOOOOOOOOOOOOOjuste mmmmmmmmh !OOOOOOOOOOOOOOOOOOO
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L
<br /> ha ! :)<br /> <br /> <br />
O
J'aime beaucoup, comme à chaque fois...<br /> Et l'image du flou Gaussien, j'adore, jamais pensé en faire une métaphore poétique ! :D
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L
<br /> Merci =)<br /> <br /> <br />
O
Ce que tu écris est somptueux. Ça a des consonnances de Beaudelaire mais au féminin. Je préfère revenir pour le troisième texte. Les bonnes choses, il faut savoir les savourer. A bientôt Luna. Occhi.
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L
<br /> Merci beaucoup Occhi pour cette éloge... J'adore baudelaire en plus !<br /> <br /> (sent ses chevilles qui enflent :P )<br /> <br /> <br />
A
Beaux texte joliment ciselés ...bel imaginaire que je t'envie ! j'aime beaucoup la mise en page aussi ...
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L
<br /> Merci beaucoup Aux éclats !<br /> L'écriture a une place importante dans ma vie, c'est un chemin vers soi fabuleux...<br /> Ton expression tout en mosaïque montre un bel imaginaire aussi !<br /> <br /> <br />