L'âme de la meurtrière

Publié le par LuNa

Meurtrière : ouverture étroite pratiquée dans le mur d'un ouvrage fortifié pour permettre l'observation et l'envoi de projectiles.

Meurtrière : Personne de sexe féminin qui cause la mort, qui commet un meurtre

Meurtre : action de tuer volontairement un être humain



Je suis une meurtrière.
Il m'a un jour rentré son arme dans mon mur fortifié.
Avait-il le droit?
Légitime défense?
Il a perforé mon ouvrage. Ca fait mal quand on perfore un ouvrage.
Alors voilà monsieur le président, je l'ai perforé à mon tour.
Je sais on ne doit pas se faire justice soi-même. Mais vous comprenez je suis contre la peine de mort.
Mais quand je suis devenue plus grande et que je l'ai revu, je n'ai pas pu m'en empêcher. Je suis morte. Vous pouvez me tuer encore. Je suis morte ce jour là.
Il a troué mon corps.

Depuis je fais des rêves étranges. Je vois des canons qui me perforent.
Ils m'invitent et je crois même que j'aime ça, et je m'en veux le matin quand je me réveille d'aimer ça. Je culpabilise comme il dit le psychologue. Mais j'aime ça.

Mon homme, il m'aime, il est si doux avec moi. Mais je n'aime pas ça pareil que quand je suis avec les canons. Vous comprenez monsieur le président?

J'aime quand on me possède.
J'aime ça.

Je suis psychotique qu'il dit le psychologue. Je suis même schizophrène. J'ai des voies dans ma tête. Je veux dire, j'ai plusieurs personnes. Loba, Babayaga et j'ai la mort.
Elle déteste tout le monde. Elle, c'est aussi celle qui me renouvelle pour pas sombrer définitivement.

Moi, je suis lulu. La petite fille de huit ans. Celle qui a cessé de grandir depuis ce jour où il m'a perforée, vous savez comme dans l'histoire de Peter Pan. J'aime beaucoup cette histoire. Mais je vais mieux depuis que j'ai vu le psychologue. Je suis redevenue "un"comme il dit le psychologue. J'ai perdu mes protections.
Je veux dire que mes femmes m'ont quittée.

Alors quand je l'ai vu, là.  Il ne m'a pas reconnue. J'étais grande. Je veux dire que mon corps il a grandi. Et je lui ai plu comme les canons dans mes rêves. Il est venu chez moi. Nous avons bu, mais pas moi, à cause que j'aime pas l'alcool. Puis nous avons fait l'amour. Oui, monsieur le président, comme dans mes rêves.
Et j'ai aimé ça. 

Alors le matin quand je me suis réveillée et que je l'ai vu là, j'ai pas pu m'en empêcher. Je l'ai attaché. Ca l'a même pas réveillé. C'est quand j'ai planté un couteau dans sa chair que je l'ai vu ouvrir les yeux. J'ai eu peur. Alors j'ai continué et continué…

Il n'a pas fermé les yeux.

Voilà monsieur le président. Il est mort et je suis une meurtrière.
Il m'a perforée. Il a fait de mon corps une meurtrière. Et mon âme, elle est partie par le trou du mur et a tiré.

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O
je m'en souvient. Belle parabole sur l'ouverture meurtrière du mur.L'homme a tiré d'un côté, a reçu l'arme de l'autre. La meurtrière n'est pas responsable de ce qui se passe des deux côtés de son ouverture.
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