La grosse dame est partie
Il fait froid, c'est l'automne. La pluie ruisselle sur les feuilles jaunies. Dans la boîte interne, le même décor. Un long sommeil se prépare. De quelle sorte sera t-il cette fois-ci ? Elle le voit bien blotti au creux d'un corps tout chaud. Elle le voit bien vivant dans un chemin ralenti. Elle a des réserves. Elle fait des réserves et sa geôle grossit. Une cavité obèse, pleine de gras et de varices. Ça déborde de partout, ça suinte, ça chavire pas, les pieds bien plantés au sol. Ça pourrait être beau si les tissus musculaires n'étouffaient pas dans tout ce charivari. Le poids d'amour et ses douleurs articulaires. Elle se promène sur les feuilles et l'humus d'une forêt. Elle regarde ses pieds, c'est drôle des pieds cachés sous un ventre, les orteils dodelinant de légèreté. Elle pense à sa panse et imagine des tonnes et des tonnes de crème glacée à la châtaigne. Les bogues même pas ouvertes. Remplir et remplir cette cavité de vide. Faire une vidange de maux, l'âme moelleuse. Une grosse tête plantée entre ses deux seins. Elle voudrait étouffer, serrer ces deux protubérances et regarder son cerveau sortir comme la bogue que l'on piétine. Elle diverge, les pieds dans l'eau, elle disparaît dans le lac.
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