Fleur d'ADN
Sur l'étole d'organdi de ses nuits se brode des motifs chamoirés. Elle se réveille dans des torpeurs et renvoie ses cauchemars au puits. Elle boit au calice des délices. Lys sur sa couronne au royaume des poêlons d'argent. Les viscères mijotent dans des sauces amères.Le froid s'installe dans les reliures de son livre. Les pages encornées signent la frénésie de ses lectures. Elle tourne les pages, cherche le mot manquant. Il est là, tout paraphé d'encre, ancre dans son âme, elle s'accroche. Plantée là, elle stagne et ondule dans des mélancolies légendaires.
Le harpon de l'amour dans le ventre, elle se décompose, compose un nouveau corps. Trouver l'essence de l'ossature, carcasse vide et blanche. L'édifice solide se confond sous les langues rugueuses. absorber les derniers lambeaux, petites parcelles de son passé. Manteau se décompose au fond des eaux. Sédiments nourriciers, cristaux de sel. Rendre l'immondice à la matrice.
Apaisée, elle se décroche et vogue, légèreté de l'être. Les vaisseaux dilatés laissent une trainée de poudre, voie lactée dans la mer. L'ombre s'illumine enfin, le coeur en dérive, elle voyage.
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