Les petits ruisseaux font les grandes rivières

Publié le par LuNa

http://pagesperso-orange.fr/tibetmap/tanka2a.jpgJe m'arrête, stagne, prend racine. Je repars et distille ces venins de foutre. Mélange, osmose de sécrétions libidinales. Mon corps éthérique se ballade dans ses tourments, en rafales. Ma colonne s'étire, j'ai les muscles tendus comme des tendeurs. Je regarde vers l'avenir, rien à faire, tout se confond, flopée insipide de nuances identiques. Rien à faire, l'avenir n'a pas le goût du jour. La présence comme un noeud dans le bas ventre, incapable de me poser les questions élémentaires, le vide.

Mon regard pointe le sol. Les feuilles pourrissent dans un magma d'automne. Un fumé odorant s'en dégage. La nature se meurt et la terre absorbe, comme une putain avide, l'humus végétal. L'amour dans le fumier rendra les fleurs au printemps.

 - fange cyclique -

C'est au ciel que je me plonge, les cheveux aux mains du vent. Il me lèche, me pénètre, un rayon de soleil joue avec mes pores en érection. Mon corps rappelle les prémices de l'hiver . Mon sang palpite, crépite. Mon tambour de coeur irrigue la cacophonie de mes viscères. chaque inspiration comme un élan de vie qui se meurt à chaque expiration. Naître mourir, naître, mourir... Badaboum !

Je me liquéfie, eau palpable et fluide. Tout se meut dans des stratégies organiques. Porteuse d'eau des éléments nourriciers. Essence du cartilage transitoire. Je ne suis qu'un matériel en mouvement, une machine à produire, reproduire. Mon cerveau, une invention inexploitable.

La vie, une orgie avec la mort.

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Publié dans LuNa A : Calligrammes

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A
Pulsionnel et instinctif (enfin, je me comprends), ça me plait bien.
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L
Découvrez Jeanne Moreau!
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