Hantises
C'était un froid piquant. De ceux qui pénètrent et pétrifient. Elle avait plaqué ses valises au bord du chemin. C'était légère qu'elle voyageait. Dans ses yeux, quelques larmes protectrices. Les lèvres gercées, le pas chancelant, elle avançait péniblement vers ces bohèmes étrangères. Elle scrutait l'horizon. Ligne de métal dans l'espace enfumé. Les vapeurs oniriques, nonchalance sporadique. Elle partait, peu importait la destination. C'était la fin du rêve qu'elle cherchait inexorablement. L'ultime rendez vous. ¤
Le corps planté au sol, le soleil en bandoulière.
Deux papillons tournoyant
La branche de l'arbre et son bourgeon d'espérance
Ciel ouvert sur l'immaculé
Chant de faune s'affole, un geai, puis une mésange
Le premier coucou de la précoce saison
¤
Il se plante en toi comme un dard vénéneux. Son poison coule et déverse son feu bigarré. Les couleurs se font.
Le vent souffle très fort. Il semble vouloir aspirer les poussières incrustées.
Il y a des livres qui vous poursuivent comme une évidence. Un pont entre soi et un autre bord. Chaque transformation, l'écho d'une parole porteuse. Chaque mot, un sort jeté à soi. Un sort inévitable. Les mots, leur poids, cet emprisonnement des sens. Chaque changement en appelle un autre.
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