Eloge du rien
De l'infiniment petit à l'infiniment grand. Des liens de nos naissances à nos décadences et nos métamorphoses. Nous sommes une roche malléable, palpable, "sculptable ". L'érosion de nos organes et notre peau qui se durcit. Des plis, petites ridules aux coins des yeux. Des sillons de temps, des cicatrices. Et pourtant, cette béance dans nos sexes, cet aspirateur de songes, cette faille immense, là où plus rien n'existe, ni les couloirs dans l'espace temps, ni les chaos de nos dérives.
Nous n'existons pas. Dans l'univers, nous ne sommes qu'un petit point même pas visible à l'œil nu. Même ces petits points dans le ciel sont des milliards de fois plus grands que nous. L'humanité entière ne réunirait pas assez d'énergie pour une étoile, la plus petite soit-elle. Nous ne sommes même pas visibles de la lune, même pas du ciel ou du haut d'une montagne... c'est dire notre insignifiance. Qu'est ce qu'elle en a à faire la terre, cette grande déesse, de nos activités ? De nos pollutions, nos extinctions et de la fonte des glaces. Qu'est ce qu'elle en a à faire de ne plus avoir de vie, ces parasites, sur elle ? Qu'est que ça change dans le fond ? Vous voulez que je vous dise ?
Rien.
Voilà, aussi clair, aussi net et précis : RIEN
Nous n'existons pas, nous ne sommes que des petites énergies inutiles et néfastes. Absurde non?
Et pourtant, nous avons trois déesses dans la caboche.
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