Trois mots
Immobilisme absolu.
Stupeur, tremblement, firmament...Toujours cette rengaine qui lui cogne dans le crâne comme une massue indigeste, la nausée des mots qui tournent comme des ritournelles. Blow job ! Encore un truc qui lui sort comme ça !
Il regarde par la fenêtre, toujours cet inlassable paysage que le vent fait tournoyer. Stupeur, tremblement, firmament... voilà les mots météo. C'est le vent qui le ballade dans ses échos. Un lécheur de vent, un suceur d'air en mouvement. Un capteur interstellaire entre différents mondes. Il va se faire une tisane, c'est une bonne idée une tisane.
"J'attends que l'eau de ma tisane frémisse. Je l'imagine toute chantante et bouillonnante quand je la verserai sur le sachet javellisé de mes herbes au goût de synthèse. Je me dis qu'un jour, j'aurai un jardin avec plein de vraies herbes sauvages et pas sauvages. Des herbes médicinales et aromatiques, un jardin de senteur. Je suis né sur terre et je n'ai pas ce privilège naturel de faire pousser ma nourriture dans la terre. Je me dis que c'est terrible de naitre sans terre dans ce monde où tout est à tout le monde donc à personne. Je suis un putain d'esclave obligé de trimer pour bouffer du synthétique, étalé dans des rayons propres et lumineux. Pas facile quand on a un foutu rêve d'autarcie totale dans le corps!
J'ai du mal à vivre dans une société qui n'a aucune valeur à mes yeux , qui n'existe pas. Je vis dans une illusion, un rêve ou un cauchemar, rien à quoi s'accrocher vraiment, rien de vraiment entrainant, rien de vrai. Une monde tellement peu intelligent que je me force à jouer la comédie. J'ai pas envie de suivre la névrose et le suicide collectif de mes congénères. je ne sais plus quand j'ai pris conscience de ça. Je ne sais plus quand je me suis arrêté sur le bord de la route et que j'ai bifurqué dans des allées épineuses. Mais j'ai compris une chose, c'est qu'il n y a ni fin, ni début. Que tout tourne, perpétuellement, tout se transforme mais rien ne se perd. J'imagine un monde autre, je me dirige vers un autre rêve. Des fois, je me dis que si nous mettions nos rêves bout à bout, peut être que..."
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