Passion poison

Publié le par LuNa

Elle se souvient de ces appels à Pan. Ces cris du désir, cette obsession, fascination. Le temps d'une caresse. Ainsi les fils  que l'on tisse disparaissent sans crier gare.

Gare ! Renaissance du désir dans le fond d'une alcôve.

Empoisonneuses, nymphes et déesses renaîtront.
Leurs amants effeuillant la marguerite.
Hibernons en attendant.

Ô divine trinité, de ta nudité, le voile de Pan recouvre tes corps cycliques.
Puisses-tu nous envelopper de ton impermanence.
Que nos organes vibrent dans l'alchimie.
Nos amants baignant dans nos eaux  et s'abreuvant de ta connaissance.

Danser la vie
Mouvement d'eau
Désir tournoyant
Mouvance, ébullition
Rejoindre cette farandole
S'endormir dans les bras de son poison

En offrande, elle se damnera pour rejoindre l'écume et emportera les marins d'eau douce dans l'océan.
Elle prendra les cales englouties, fera un feu de joie, nourrira le sacre de son désir dans vos lamentations.

La sirène chante.
Viendrez-vous son amant ?
Sur le corps de ses vocalises.
Vibrons nos sens sur le manège.
Une volée de notes désaccords.
Se nourrir de vos chairs pour vous rendre à vos os.

Ô chant invoqué. Retournons dans nos étreintes, cette alchimie qui nous a engendré. Le temps passe, nul n'efface l'incertain. Rejoindre l'étoile de bohème, maudir nos amours.
Où êtes-vous?
N'entendez-vous pas ce désespoir qui nous ronge ?
Elle vous dévore pour nourrir son linceul, s'endormir dans l'enveloppe vos bras.

L'errance encore. Elle voyage, insoumise sur les symptômes d'un vin de mélancolie enrobant son ivresse de teintes envoûtées. Le corps de l'aurore.

Ô ses démons, harcèlement posthume. L'âme prisonnière d'un donjon d'airain. Les vents ne pénètrent plus.
- Balayer les incertitudes -
- Retrouver l'harmonie d'un coeur à corps -

Les dieux n'entendent plus les plaintes.
- Traverser les déserts pour abreuver la terre-
 Puissions-nous arpenter les obstacles qui nous assiègent. Les dieux n'écoutent plus. Ils sont retournés dans la sphère absolue, celle où la condition échappe à l'entendement.

Souvenir d'une nuit sans brume. Le désir étreint dans ses bras si tendres.  C'est la main de Pan que son corps appelle. Construire les traces d'une destinée ignorée.
- Rejeter le fruit de la certitude -
- Baigner dans les flots de deux corps en transe -
Son sexe comblant son creux, terre fertile. Les dieux ont encore soif d'histoire de tragédie. L'amour au diapason vers l'impossible.

Ô puisse-elle rejoindre les constellations d'une histoire mille fois reproduite.
Vivrons-nous la condition d'un amour peu commun ?
Nous baignerons le fruit dans l'eau d'une roche en fusion.
Ebullition éphémère d'un néant futur.
Mourrons demain puisque nous vivons.

Un cri encore. Celui du désir qui la harcèle les jours de pluie. Ceux qui fermentent les tas de feuilles. Nourriture d'une terre sèche. Il est des déserts même dans les forêts les plus denses. Elle danse la vie au creux des solitudes. Leurs ébats comme un grain de sel sur leurs peaux d'âme. Souvenez-vous de ce corps à corps, noyade en eau profonde. Souvenez-vous de ce langage étrange. Les amants fous, sauvages. Le fétu de paille sous vos assauts. Leurs mains serrant l'étreinte. Ce désir de la mort. Ses jambes vous serrant  fort.

Ô comme il semble perdu ce temps béni. Ce temps encore où vous cherchiez dans l'abysse de son antre. Vous la possédiez, vous, son éternel.

Elle cherche la meute. L'harmonie de la meute. Louve solitaire en errance.
Elle voyage, lune, Ô sa mère plénitude
- Apogée d'un cycle de lumière -
Elle retourne sur ses tourments présents.
Elle comprend son amour, ses mots. 
Elle se raconte des histoires.

Erotisme : Le soleil la pénètre. Celui qui fait monter son océan intérieur, un ras de marée.
- Ravager la terre de ses démons -
- Eteindre les braises qui consument son corps -
Elle divague.

Son compagnon parfait tangue sur les rives de ses certitudes. Dans sa course, il a perdu le goût de vivre. Compagnon déchu dans l'enceinte de cristal. Il pense à elle. Mémoire d'une paume sur son cou d'albâtre. Le plaisir relâché dans son corps profond. Le navire s'est échoué sur le rivage de leurs désirs.
Nous sommes trop loin de nous. Elle...

Ô solitude. Peau d'âme d'un accord parfait. Retrouver le goût du sel. Sentir le voile d'une caresse frissonner sur l'écrin d'un joyau. L'éternel amant féconde les limbes de ses entrailles.

Moiteur de l'été qui s'annonce.
Le chant des oiseaux berce les esprits vagabonds.
Peau hérissé sur la brise.
Les narines se font plus fines.
Le parfum des fleurs ravigotent leurs sens endormis.
Eté organique.

Sa peau humide posée sur la sienne.
Création sur l'élan de leurs ébats.
Les fumées de chanvre rythmant leurs gestes.
Ils ne faisaient qu'un.

Vagues écumantes, les amants s'endorment au son des lyres.
Orgasme accordé.
L'harmonie de la partition au lit de brume.

Ce matin, la terre est humide.


Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article