Après l'espoir
Tu voudrais pousser un cri pour faire sortir tout ce vide. Que cherches tu ? Plus rien ne semble toucher ta rétine autrefois si affûtée. L'ivresse qui menait tes jours comme un radeau en plein océan. Le feu t'a quitté. Qu'as tu donc fait pour laisser échapper cette parcelle?Ton désir est mort. Ce même désir qui te faisait aimer le monde. Ton corps n'est plus qu'un organe distillant ses appétits dans des magmas de bouse. Où est passé cette beauté étonnante, ces chavirement grondant au sein même de ton cerveau? La machine aspirante, inspirante.
Tout pousse un cri en toi, un bruit sourd. Tu voudrais courir en hurlant, mais rien à faire, tout se contient, se rétracte. Tu te camisoles, t'isoles, caches cette bête interne. Ne plus la laisser s'exprimer, plus jamais.
Et puis tu deviens grosse, c'est un signe ça. Tu manges, remplis ce corps presque éteint. Tu penses à la mort. Le jour où tout ce que tu es s'arrêtera. Le jour où tout le monde t'oubliera tout à fait. Tu verras sûrement tout ton cheminement. Tu auras cette même impression, comme le jour où tu as ingéré des champignons. Tu croiras comprendre en quoi tout s'imbrique. Puis tu riras, tu riras de cet absurde chemin. Alors, ton rire résonneras, ton rire fera le tour de l'univers, peut être même plusieurs fois, avant de s'éteindre. Puis plus rien ne sera. Eteinte, tout à fait. Qui se souviendra de toi ? Qui t'appelera ? Personne peut être.
Alors, tu t'accroches, tu continues, car dans tes tripes la trouille de crever grouille. Oui, tu as peur. Tu t'accroches à ce foutu espoir qui te compose. Mais rien n'existe. Rien. Ton cerveau te laisse croire, te conditionne à croire. Il faudrait casser cette croyance, cette parcelle d'espoir pour voir ce qu'il peut y avoir derrière. Juste une fois.
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