Créatrice d'étincelle
Tu dérives encore. Les hélices bloquées de ton cerveau véhiculent des algues cosmopolites.Tu voudrais bouger, enlever tous ces tissus organiques. Mais rien n'attache, rien, si ce n'est la dérive elle-même. Puis le vaisseau se rétracte, fusée en apesanteur. Tu chantes pour calmer l'angoisse. Les lumières vives comme un feux d'artifice. Ta rétine suit, cherche à fuir, mais peu importe où tu poses le regard, les lumières restent là.
-petits spectres évanescents-
Il te dit que tu te conditionnes à voir. S'il savait que tu n'as rien dans ton cerveau. Pas une pensée-éclair, pas d'ordre, pas de chemin, le vide du lâcher-prise. Tu sais que ça n'existe pas. Tu sais que toi seul peux voir.
-regarder autre chose-
Et puis tu repenses aux cases. Ces cases dans lesquelles tu ne peux t'accorder. Ces mêmes cases prêtent à exploser. Tu te dis qu'au fond tu les emmerdes, ces faiseurs de cases. Que tu sais bien qu'ils n'existent pas, que tout n'est que conditionnement de la norme. Cette même norme qui te fait horreur. Leurs visions du monde valent-elles mieux que les tiennes ? Tu sais que tout est faussé par ton fichu cerveau. Que tes pensées ne sont que vent tourbillonnant sur une terre aride et que les leurs sont peut-être encore plus dingues que les tiennes.
Tu dérives toujours. Ces branches de bois mort flottantes comme des compagnons bien commodes. Tu vis, tu meurs. Un mouvement dans le creux comme une étincelle.
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