Physionomie des ténèbres
Tu exerces le métier de fantôme. Dans le rêve, le soleil suinte des orgasmes avec la terre. Dans cette ivresse, il danse la danse des dieux et tournoie dans l'illusion cosmique. L'écho du néant donnait du courage aux êtres transparents. Dans la galerie, les tableaux - icônes d'ange - sont une évasion propice aux sacrilèges. Tu peux t'assurer des prodiges exercés par l'empreinte du peintre. Tu n'étais que fantôme comme un chef d'oeuvre inachevé. Hier, chez toi, tu divaguais avec un long couteau tordu pointant tes entrailles. Aujourd'hui, plus rien ne peut arrêter l'ascension de tes viscères.Dés lors, tu tangues de rives en rives, avec la fièvre au corps. L'écume de la mémoire oubliée exerce un va et viens torride dans un déluge de pensées. Le silence pour tout bagage, tu devines les strates allumées d'une ombre étonnamment épaisse.Le vent souffle très fort, les arbres à coté de l'ange sifflent de colère. C'est un jour bien extraordinaire qui se déroule dans ton esprit. Jamais plus la réalité ne te paraîtra suspecte. Tu as vu ce que personne d'autre ne peux voir. Tu t'endors dans les jours tranquilles, donnant l'illusion d'un être commun. Une simple flamme dans le regard simule encore l'invisible. Tu exerces le métier de fantôme.
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