Naissances
Tu es une chercheuse. La voix qui raisonne en toi semble se racornir. Tu as l'espérance des fontaines jaillissantes. Tu voudrais saisir cet instant, cette naissance, sourcière. Tu sens dans l'intérieur ce cri qui transperce le silence. Trouver toutes les voix en une : le silence. La verticalité te sépare de l'horizon. Ton champ laisse les traces des sillons forgés de ta main. Tu deviens paysannes, défricheuse d'obscur.Tu allumeras l'étincelle qui t'enveloppera de lumière. Le feu crépite dans l'âtre. Chaque éclat de bois fourmille et festoie, force vive. La création rompt l'habitude, trou noir et vide qui aspire la vie. Rompre, changer le rythme dans l'espace, casser l'effusion de la droite puis battre le tambour d'un coeur écorché. Tu voudrais ne jamais arrêter le voyage, trouver assez d'univers pour tes aspirations.
Un colonne d'air te transporte dans des respirations
- vie / mort / vie -
Tu transcendes l'oxydation de tes chairs. Les cellules communiquent dans les spirales. Chacune étant l'appel d'une autre. Connexion parfaite d'un corps interne vers un corps externe. Tu te délivres du poids des os. L'onde lance une échappée vers l'unité. Tu deviens pont vers chaque parcelle. Tu pénètres dans la salle des soupirs obséquieux. La mort comme un élan appelle la vie. Tu sens l'inexorable loi agir dans l'être profond. Tu déclines l'invitation des sens par peur de te perdre. Tu sais que tu n'y échapperas pas, que tout semble vain, que la machine interne est en place.
L'eau du moulin mout le grain d'un germe.
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