Le miroir de l'impasse de la soif
Le crépuscule est venu. La lanterne du ciel luisait à peine, les corps encore endormis créaient des mondes aux fumées dansantes. Une danse dans l'enfance et le courage au firmament du soleil. L'espérance à l'aube de l'inconnu. Un nouveau pont entre le ciel et la terre.L'ange se faufilait vers cette mince ligne de lumière. Dans l'oreille, aucun son ne laissait envisager la suite des évènements. Un livre ouvert au hasard et la page laisse l'enfant que tu étais dans la salve rayonnante. Tu ne distinguais plus les âges, juste cette éternité et cette corrélation entre l'air et la terre. Tu devenais eau chantante, ruisselante dans le feu de ton âme. La mélancolie des nuits trop longues et la juste mesure de ton être. Ta place n'était pas encore inscrite dans la grande chaîne. Le paraître se décomposait devant l'être. Tu savais que seule la présence pouvait te garder indemne de toutes divagations.
Tu n'étais que le théâtre de ton reflet dans l'oeil du ciel. La lune comme un phare immense pour guider ton voyage. Les mots ont ce pouvoir de tordre l'infiniment petit dans l'infiniment grand. L'écriture marquait la fin du voyage, inscrit à jamais sur l'étui de l'esprit. Tu voulais écorcher les peaux trop lourdes. Manteaux de chimère et cris vociférant au fond des entrailles. Tu buvais jusqu'à la lie, l'ivresse au coeur, tu titubais dans des mondes inventés et idéals. Les cils de l'oeil te chatouillant les synapses.
Au regard des images, tu refaisais le chemin inverse, sachant que rien ne pourrait être modifié, que tout était déjà tracé. Tu repris ton chemin, marchant dans l'aube au firmament de ton corps. Libre.
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